Marie McAndrew, de l’Université de Montréal, a dirigé une étude sur la réussite scolaire des élèves issus de l’immigration dans le cadre de la mise en œuvre de la Politique d’intégration scolaire et d’éducation interculturelle. Cette étude s’intéresse au cheminement de deux cohortes d’élèves de première secondaire nouvellement inscrits dans une école québécoise au début ou au cours des années 1998-1999 et 1999-2000.

Les principaux faits saillants du rapport de recherche sont présentés ci-dessous.

LA RÉUSSITE SCOLAIRE DES JEUNES QUÉBÉCOIS ISSUS DE L’IMMIGRATION AU SECONDAIRE – Rapport de recherche pdf (16)

Parallèlement à cette étude, on a dressé le portrait des élèves au Québec en fonction de leur lieu d’origine et de la langue d’enseignement. La Direction des services aux communautés culturelles a également commandé une recherche qualitative sur la réussite scolaire des élèves originaires de l’Asie du Sud (Bangladesh, Inde, Pakistan et Sri Lanka).

Le vécu scolaire des élèves montréalais originaires de l’Asie du Sud au secondaire pdf (16)
Portrait des jeunes Québécois originaires de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient – Secteur françaispdf (16)
Portrait des jeunes Québécois originaires de l’Europe de l’Est – Secteur françaispdf (16)
Portrait des jeunes Québécois originaires de l’Asie du Sud – Secteur françaispdf (16)
Portrait des jeunes Québécois originaires de l’Asie du Sud-Est – Secteur françaispdf (16)
Portrait des jeunes Québécois originaires de l’Asie de l’Est – Secteur françaispdf (16)
Portrait des jeunes Québécois originaires des Antilles et de l’Afrique subsaharienne – Secteur françaispdf (16)
Portrait des jeunes Québécois originaires de l’Amérique centrale et du Sud – Secteur françaispdf (16)
Portrait of Young Quebecers Originating from the Caribbean and Sub-Saharan Africa – English Sectorpdf (16)
Portrait of Young Quebecers Originating from East Asia – English Sectorpdf (16)
Portrait of Young Quebecers Originating from South Asia – English Sector pdf (16)

 

Faits saillants de l’étude

  • Le taux d’obtention d’un diplôme sept ans après l’entrée au secondaire est largement inférieur chez les élèves de première génération (54,7 %) que chez les élèves de deuxième génération (70,2 %); ces derniers affichent d’ailleurs un bilan comparable à celui des élèves non issus de l’immigration (69,5 %).
  • On observe, par ailleurs, une très forte polarisation des résultats selon les régions d’origine. De fait, non seulement le taux de diplomation des élèves issus de l’Asie du Sud, de l’Amérique centrale, de l’Amérique du Sud, des Antilles et de l’Afrique subsaharienne est nettement sous la moyenne, mais il est aussi clairement inférieur à celui des cohortes de l’Europe de l’Est, de l’Asie du Sud‑Est, de l’Afrique du Nord, du Moyen-Orient et de l’Asie de l’Est.

 

Obtention d’un diplôme 7 ans après l’inscription au secondaire selon la région d’origine 

Région d’origine (élèves de 1re et 2e génération) Obtention d’un diplôme sept ans après l’inscription en 1re secondaire (%)
Asie du Sud 39,9
Amérique centrale et du Sud 52,2
Antilles et Afrique subsaharienne 54,4
Europe de l’Est 70,0
Asie du Sud-Est 70,2
Afrique du Nord et Moyen-Orient 71,5
Asie de l’Est 75,3
Total (1re et 2e génération) 61,1
3e génération et plus
(élèves n’étant pas issus de l’immigration)
69,5

 

  • Ce phénomène s’explique en partie par le fait que les élèves issus de l’immigration ont une plus grande mobilité géographique. En effet, au cours des années à l’étude, 15,2 % des élèves de première secondaire originaires de l’Asie du Sud ont quitté le système scolaire québécois avant l’âge de 15 ans. Ce pourcentage s’élève à 5,3 % chez l’ensemble des élèves de première et de deuxième génération et est réduit à 0,8 % chez les élèves non issus de l’immigration.
  • Cependant, les cohortes qui présentent les plus faibles taux de diplomation sont nombreux à suivre une formation pour adultes. C’est notamment le cas de 9,8 % des élèves originaires des Antilles et de l’Afrique subsaharienne, qui retournent aux études dans les dix ans suivant leur entrée au secondaire. Si l’on tient compte des jeunes inscrits aux cours pour adultes, de ceux et celles qui quittent le système scolaire québécois avant l’âge de 15 ans et des diplômés tardifs (de sept à neuf ans après l’entrée au secondaire), on constate que le taux de décrochage net des élèves issus de l’immigration est moins de 1 % supérieur à celui des élèves non issus de l’immigration. On observe néanmoins des variations importantes entre les différentes cohortes.

 

Taux de décrochage net selon la région d’origine 

Région d’origine (élèves de 1re et 2e génération) Taux de décrochage net (%)  
Asie du Sud 28,7
Amérique centrale et du Sud 27,7
Antilles et Afrique subsaharienne 25,5
Asie du Sud-Est 19,2
Afrique du Nord et Moyen-Orient 17,9
Europe de l’Est 17,4
Asie de l’Est 11,4
Total (1re et 2e génération) 21,7
3e génération et plus
(élèves n’étant pas issus de l’immigration)
20,8

 

  • En général, les élèves issus de l’immigration dont le français est la langue maternelle affichent un meilleur bilan scolaire que les élèves non-francophones. Cette variable est fortement corrélée au fait qu’ils sont nés au Québec (élèves de deuxième génération), qu’ils y ont amorcé leur scolarisation et qu’ils présentent certaines caractéristiques favorables, notamment un statut socioéconomique.
  • Au cours de la période à l’étude, on note que 40,8 % des élèves originaires des Antilles (secteur français) ont été déclarés handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage; ce pourcentage grimpe à 50,4 % chez ceux dont la langue maternelle est le créole.
  • Contrairement aux autres élèves, les élèves issus de l’immigration viennent plus souvent de milieux défavorisés. Cette situation s’observe tout particulièrement chez les jeunes originaires de l’Asie du Sud, de l’Amérique centrale, de l’Amérique du Sud, des Antilles, de l’Afrique subsaharienne et de l’Asie du Sud-Est (44,6 %). Ceux issus des autres régions affichent un profil comparable à celui des autres élèves.
  • L’indice de milieu socioéconomique semble jouer un rôle moins important chez les élèves issus de l’immigration que chez les autres élèves. En effet, les élèves issus de l’immigration qui viennent d’un milieu défavorisé (IMSE 8,9 et 10) ont seulement 11 % moins de chances d’obtenir un diplôme que ceux qui appartiennent à un milieu socioéconomique intermédiaire (quatrième, cinquième, sixième et septième rangs déciles). Chez les élèves non issus de l’immigration, le fait de provenir d’un milieu défavorisé diminue de 24 % les chances de décrocher un diplôme.
  • Cela dit, les élèves immigrants ont les mêmes chances de réussite que les autres élèves, à la différence que le chemin vers la diplomation est, dans leur cas, plus long et parfois plus tortueux. En ce sens, on peut dire qu’ils font preuve d’une grande résilience, comme l’indiquent d’ailleurs les auteurs en guise de conclusion.