Le Plan d’action gouvernemental 2015-2018 – La radicalisation au Québec : agir, prévenir, détecter et vivre ensemble sollicite les milieux de l’éducation, de la santé et des services sociaux et de la sécurité publique. Le milieu de l’éducation est particulièrement interpelé dans son rôle de promotion du vivre-ensemble et de prévention. Ainsi, la Direction des services d’accueil et d’éducation interculturelle a jugé utile de mettre cette section à la disposition des écoles et du personnel scolaire, afin de les soutenir dans la mise en œuvre d’actions efficaces à cet égard, notamment en favorisant le vivre-ensemble entre les élèves de toutes origines.

Le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur a également prévu une section sur ce thème.

PISTES POUR LA PROMOTION DU VIVRE-ENSEMBLE ET LA PRÉVENTION DE LA RADICALISATION MENANT À LA VIOLENCE

L’école doit tout autant veiller à ne pas perdre son caractère fondamentalement rassembleur et protecteur pour tous les élèves, leurs familles et leurs communautés qu’à maintenir une vigilance face au phénomène de la radicalisation menant à la violence. La planification à l’égard de la promotion du vivre-ensemble et de la prévention de la radicalisation menant à la violence doit s’inscrire dans une stratégie locale d’intervention de lutte contre la violence et l’intimidation que chaque école doit adopter, mettre en œuvre et actualiser. Tous, élèves comme adultes, doivent être parties prenantes et informés de cette stratégie, qui figurera également dans le code de vie des écoles.

Pour contribuer à la promotion du vivre-ensemble, le milieu scolaire peut : 

  • Renforcer la mise en œuvre de l’éducation interculturelle :
    • en sensibilisant à la diversité ethnoculturelle, linguistique et religieuse et à sa prise en compte à l’école et dans la société québécoise, par exemple :
      • en développant des initiatives qui reflètent et valorisent la diversité des héritages culturels des élèves, notamment en soulignant la contribution de différentes communautés à la construction de la société québécoise;
      • en programmant des activités en lien avec le calendrier interculturel et citoyen;
    • en favorisant le rapprochement, le dialogue et les relations interculturelles positives, par exemple :
      • en réalisant des projets qui valorisent les contacts interculturels et l’engagement social de tous;
      • en organisant des débats citoyens;
    • en développant des activités qui favorisent l’inclusion et luttent contre la discrimination, par exemple :
      • en favorisant la réflexion sur des concepts tels que l’équité, la justice sociale, les préjugés, l’exclusion, les privilèges, la discrimination et la discrimination systémique;
    • en prenant en compte la diversité dans les normes, les pratiques et les productions d’élèves, par exemple :
    • en élaborant une politique d’éducation interculturelle;
    • en créant un recueil d’histoires de vie, de parcours migratoires, de contes traditionnels ou d’expériences interculturelles;
    • en s’engageant dans la formation continue du personnel quant à la prise en compte de la diversité linguistique, ethnoculturelle et religieuse à l’école, par exemple :
      • en organisant un atelier, une conférence ou un colloque sur ce thème;
      • en faisant appel aux ressources expertes pour accompagner ses actions en matière de lutte contre la radicalisation menant à la violence;
      • en planifiant des formations et de l’accompagnement pour le personnel.
  • Créer des « espaces de parole » permettant aux jeunes de s’exprimer, d’être en contact avec une diversité de points de vue et de développer un sentiment d’appartenance envers l’école et la société, par exemple :
    • en offrant des espaces de discussion bienveillants auxquels les jeunes sont conviés pour échanger sur des thèmes liés au vivre-ensemble qui les mobilisent.
    • en abordant des thèmes sensibles liés à la diversité, dans un contexte respectueux et constructif. Ceci peut se faire dès le primaire. Au secondaire, les cours de français, d’histoire et d’éducation à la citoyenneté et d’éthique et culture religieuse offrent des forums privilégiés pour ces échanges.
  • Soutenir le développement identitaire harmonieux de tous les élèves, plus particulièrement ceux qui sont issus de l’immigration, par exemple;
    • en adoptant des stratégies qui visent à leur permettre de trouver un équilibre entre leur culture d’origine (ou celle de leurs parents) et celle du Québec;
    • en leur proposant des projets d’engagement social ou communautaire ou des initiatives artistiques.
  • Miser sur l’inclusion des familles et leur proposer diverses manières de collaborer avec l’école, qui tiennent compte de leurs trajectoires migratoires et de leur capital culturel, social et économique, par exemple :
    • en conviant les familles à participer à des initiatives artistiques ou culturelles.
  • Se renseigner sur le plan de lutte contre l’intimidation et la violence en place dans l’école;
  • Informer les élèves et leur famille de cette stratégie, du plan de lutte et du code de vie des élèves.

Pour contribuer à la prévention de la radicalisation menant à la violence, le milieu scolaire peut : 

  • Former les jeunes à l’analyse critique des médias, notamment des médias sociaux, par exemple :
    • en les outillant pour qu’ils puissent déceler les éléments qui contribuent à l’endoctrinement.
  • Sensibiliser les élèves et le personnel à la promotion d’une identité (ethnique, culturelle, religieuse, politique) positive et d’une perception nuancée, dynamique et complexe de celle-ci, par exemple :
    • en proposant la lecture d’albums et de livres biographiques, ou le visionnement de films ou de documentaires, qui abordent et mettent l’accent sur la richesse d’une identité plurielle, au Québec ou ailleurs dans le monde;
    • en initiant des activités en lien avec l’interculturalisme québécois et le sentiment d’appartenance au Québec des élèves.
  • Promouvoir l’engagement citoyen des élèves, mais également du personnel scolaire, par exemple :
    • en proposant des projets intergénérationnels rassemblant les élèves et le personnel scolaire, voire les parents.
  • Se familiariser avec des notions telles que « liberté de conscience », « liberté de religion » et « accommodements raisonnables », par exemple :
    • en organisant une discussion philosophique sur ce thème dans le cadre d’une activité-midi ou d’un cours d’éthique et de culture religieuse.
  • Reconnaître le rôle et l’influence des adultes du milieu scolaire dans la prévention de la radicalisation menant à la violence, par exemple :
    • en sensibilisant le personnel aux particularités de la radicalisation menant à la violence et aux facteurs de vulnérabilité qui lui sont associés ainsi qu’aux conséquences des signalements abusifs et de l’absence de signalement.
  • Offrir à l’ensemble du personnel et aux parents de l’information sur la radicalisation menant à la violence et sur la façon d’ouvrir des dialogues avec les jeunes sur ces questions, par exemple :
    • en développant la sensibilité des intervenants, leur disponibilité et leur capacité d’écoute exempte de jugement.
  • Discuter avec d’autres intervenants de la situation des élèves qui semblent à risque et ne pas agir seul sur la base de soupçons qui peuvent se révéler non fondés, par exemple :
    • en mettant en place un espace qui permet aux intervenants de discuter des cas observés, tout en prenant soin que ces échanges d’information se déroulent dans des lieux et à des moments appropriés, ce qui permettra d’éviter le profilage.

En cas de crainte de radicalisation menant à la violence, le milieu scolaire doit : 

  • Se renseigner sur la stratégie d’intervention préconisée par l’école si un élève est jugé à risque de se retrouver dans une situation de radicalisation;
  • Informer la personne responsable de l’application du plan de lutte contre la violence et l’intimidation, conformément au processus mis en place dans le cadre de celui-ci;
  • Faire connaître au personnel scolaire la marche à suivre dans le cas d’une situation inquiétante;
  • Rappeler le cadre de la Charte des droits et libertés de la personne pour permettre des interventions exemptes de discrimination ou de profilage, ou encore qui seraient attentatoires vis-à-vis de l’exercice des droits et libertés qu’elle garantit;
  • Se doter de mécanismes de communication :
    • entre les intervenants;
    • entre l’école et la famille;
    • entre l’école, la famille et le service de police, si la situation le requiert;
  • Offrir des services d’accompagnement et de soutien :
    • aux jeunes;
    • aux parents qui croient que leur enfant est dans un processus de radicalisation pouvant mener à la violence;
    • aux intervenants.

Soutien à la mise en œuvre d’activités et d’initiatives

La Direction des services d’accueil et d’éducation interculturelle prévoit un soutien financier pour la mise en œuvre de l’éducation interculturelle (mesure 15053).

La mesure 15031 vise à soutenir les commissions scolaires dans la mise en œuvre d’interventions efficaces en matière de prévention de la violence, de l’intimidation et de la radicalisation. Elle permet d’aider les commissions scolaires et les écoles à appliquer les dispositions de la Loi sur l’instruction publique visant à prévenir et à combattre l’intimidation et la violence à l’école. Cette mesure favorise le développement de compétences relationnelles chez les élèves et les adultes pour maintenir un climat scolaire positif et sécuritaire. Elle permet de faire un suivi pédagogique et psychosocial des élèves suspendus et expulsés. Elle vise le développement d’expertise et la collaboration des partenaires régionaux.

Formation

Dans le cadre d’une collaboration avec le centre de recherche SHERPA de l’Institut universitaire au regard des communautés ethnoculturelles du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal, la Direction des services d’accueil et d’éducation interculturelle offre des séances de formation à l’intention du personnel scolaire.

Consulter l’offre de formation.

Ressources

Ressources pédagogiques

Exemples d’initiatives de création d’« espaces de parole » pour les jeunes

Ressources institutionnelles

 Lignes d’écoute

  • Ligne Info social 811
  • Assistance téléphonique du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence : Région de Montréal – 514 687-7141   Ailleurs au Québec – 1 877 687-7141
  • Services de police (911)