Les intervenants scolaires peuvent s’inspirer des questions suivantes pour planifier leurs activités d’éducation interculturelle, que ce soit dans le cadre d’initiatives soutenues financièrement par le Ministère ou non. Les réponses à ces questions contribueront à faire le portrait de la diversité du milieu et à mieux cerner les contenus et les objectifs prioritaires, de même que les moyens d’action à privilégier dans un milieu scolaire donné. À cet égard, une démarche collaborative au sein de l’équipe-école est à privilégier dans la mesure où elle permet de mettre en commun plusieurs perspectives et ainsi d’offrir un portrait plus nuancé et plus détaillé.

Faire le portrait de la diversité présente à l’école et dans le milieu

  • Quels groupes ethnoculturels, linguistiques et religieux sont présents dans la classe et à l’école? Comment sont les relations entre ces différents groupes? Existe-t-il à ce sujet des tensions ou des problèmes particuliers qui devraient être traités de façon prioritaire?
  • Quel est le parcours de vie des élèves appartenant à des groupes ethnoculturels, linguistiques ou religieux minoritaires (par exemple, situation familiale, immigration,…) et quelles expériences ont-ils vécues en lien avec ces appartenances? Pour contribuer à leur intégration et à l’éducation interculturelle, quelles formes de collaboration peuvent être mises en place avec leur famille afin de favoriser leur inclusion et leur participation tout en tenant compte de leurs besoins, de leurs expériences et des ressources dont ils disposent?
  • Y a-t-il d’autres groupes ethnoculturels, linguistiques ou religieux présents dans le milieu environnant ou dans la société québécoise qui font l’objet de préjugés de la part des élèves ou avec lesquels des tensions sont vécues en dehors de l’école?
  • Quelles sont les connaissances et les expériences des intervenants scolaires et des élèves par rapport à la diversité ethnoculturelle, linguistique et religieuse? Quels objectifs ou contenus de l’éducation interculturelle devraient être traités de façon prioritaire à cet égard?
  • Quels sont les organismes, les institutions et les personnes du milieu immédiat ou plus large qui s’intéressent à la valorisation de la diversité ethnoculturelle, linguistique et religieuse, et à l’éducation interculturelle et qui pourraient collaborer à un projet rassembleur (par exemple, membres de l’équipe-école, familles, organismes communautaires, personnel d’autres écoles ou commissions scolaires, y compris les partenariats entre le réseau francophone et anglophone, etc.)?

Inscrire la diversité ethnoculturelle, linguistique et religieuse dans la vie scolaire

  • Existe-t-il un comité interculturel dans l’école ou la commission scolaire et, si oui, quels sont son mandat et ses activités? Sinon, un tel comité peut-il être créé et quel mandat pourrait-il se voir confier?
  • Quels éléments des documents d’encadrement actuels partagent des objectifs ou des contenus communs avec l’éducation interculturelle et pourraient être développés davantage pour intégrer la valorisation de la diversité ethnoculturelle, linguistique et religieuse (par exemple, plan de lutte contre l’intimidation et la violence, code de vie,…)? Quels nouveaux encadrements pourraient être développés?
  • Quels objectifs et contenus de l’éducation interculturelle sont déjà abordés dans les enseignements disciplinaires? Comment pourraient-ils être exploités davantage? Quels éléments ne sont pas abordés et comment pourraient-ils être intégrés dans l’enseignement et la vie scolaire?
  • Quelle formation le personnel scolaire a-t-il reçue pour intégrer la prise en compte de la diversité ethnoculturelle, linguistique et religieuse, et l’éducation interculturelle dans leurs interventions auprès des élèves? Quels objectifs et contenus devraient être abordés de façon prioritaire dans l’offre de service pour la formation continue?
  • Comment le matériel et les activités pédagogiques représentent-ils les groupes culturels, linguistiques et religieux qui composent la société québécoise, qu’ils soient ou non présents dans la classe? De quelle manière ce matériel et ces activités permettent-ils d’aborder les objectifs et les contenus de l’éducation interculturelle? Quel matériel et quelles activités pourraient être ajoutés ou développés pour aborder davantage, dans les enseignements disciplinaires, la diversité ethnoculturelle, linguistique et religieuse dans une perspective d’éducation interculturelle?
  • Quelle est la place accordée, dans la vie scolaire et parascolaire, à la diversité ethnoculturelle, linguistique et religieuse de la société québécoise et à la valorisation de l’apport des différentes communautés à son développement? Quelles activités actuelles pourraient être modifiées ou développées davantage pour y intégrer la valorisation de la diversité de la population québécoise? Quelles nouvelles initiatives pourraient être mises en place pour que cet apport soit mieux connu et valorisé?
  • La diversité ethnoculturelle, linguistique et religieuse présente à l’école et celle de la société québécoise dans son ensemble sont-elles visibles dans l’environnement physique de l’école (décorations, livres de bibliothèque, alimentation, musique,…)? Quels éléments pourraient être ajoutés ou modifiés pour assurer une plus grande présence de cette diversité, et plus particulièrement la diversité ethnoculturelle, linguistique et religieuse à laquelle les élèves sont moins exposés dans leur environnement scolaire?

Mobiliser la participation des élèves

  • Quelles sont les occasions pour les élèves de prendre conscience de la diversité ethnoculturelle, linguistique et religieuse, de participer à des rencontres interculturelles, de pratiquer la communication interculturelle et de faire preuve d’empathie? Quels nouveaux projets pourraient être mis en place pour créer de nouvelles occasions de rencontres interculturelles?

 

  • De quelle manière les élèves participent-ils à la vie démocratique de la classe et de l’école? Quelle place y est accordée à la valorisation de la diversité ethnoculturelle, linguistique et religieuse et aux objectifs de l’éducation interculturelle? Comment peuvent-ils y être intégrés davantage?

 

  • De quelle manière aborde-t-on les sujets sensibles et les enjeux controversés à l’école et dans la classe? Comment les intervenants scolaires animent-ils ce type de discussion et de quelle manière fait-on participer les élèves? Comment la diversité ethnoculturelle, linguistique et religieuse est-elle abordée dans ces discussions? Comment peut-elle y être intégrée davantage? Quelles nouvelles initiatives pourraient être mises en œuvre pour encourager la prise de parole démocratique et respectueuse chez les élèves?