Les éléments présentés ci-dessous peuvent servir de guide pour la planification et le déploiement de l’éducation interculturelle à l’échelle d’une école. Ils constituent des pistes à explorer pour mettre en place des conditions propices au succès de sa mise en œuvre.

Responsabilité de tous les intervenants scolaires

La mise en œuvre de l’éducation interculturelle est une responsabilité partagée par tous les acteurs du système scolaire québécois, en collaboration avec la communauté et les familles. L’éducation interculturelle s’appuie sur une solide formation initiale et continue des intervenants scolaires afin qu’ils disposent des connaissances et outils nécessaires pour saisir toutes les opportunités de prendre en compte et de valoriser la diversité ethnoculturelle, linguistique et religieuse dans leurs interventions.

Planification

L’éducation interculturelle est envisagée à long terme, non comme un objectif réalisé ponctuellement mais comme un processus à diffuser constamment et le plus largement possible dans l’expérience scolaire, du préscolaire jusqu’à la formation générale des adultes. Elle est intégrée dans tous les aspects de l’éducation (politiques institutionnelles, contenus disciplinaires, activités et matériel pédagogiques, environnement scolaire, relations avec la communauté et la famille, activités parascolaires, etc.).

Reflet du milieu, du Québec et du monde

L’éducation interculturelle reflète la diversité de la société québécoise et elle aborde l’ensemble des groupes qui la composent, qu’ils soient présents ou non à l’école. Cependant, elle est adaptée à la réalité et aux enjeux du contexte dans lequel elle est mise en œuvre. Ainsi, bien que l’éducation interculturelle soit de portée universelle et qu’elle s’adresse à tous les élèves et les membres du personnel scolaire, l’identification des objectifs prioritaires et des moyens à privilégier s’appuie sur une évaluation des besoins du milieu (voir la section Pour guider la réflexion et l’action).

Elle est aussi conçue dans une perspective globale qui tient compte des inégalités mondiales liées aux appartenances ethnoculturelles, linguistiques et religieuses. L’interdépendance et la coresponsabilité de l’ensemble de l’humanité appellent à la solidarité pour la lutte aux inégalités, la promotion de meilleures conditions de vie et de travail pour tous les êtres humains et la préservation de l’environnement. Les élèves sont ainsi invités à « penser globalement et agir localement » pour contribuer à améliorer ces conditions et à protéger la planète, en analysant pour ce faire les liens existant entre le passé et le présent, l’ici et l’ailleurs.

Engagement actif de tous les élèves et du personnel scolaire

L’éducation interculturelle fait appel à la participation active des élèves et du personnel scolaire. Elle utilise la coopération, le dialogue, la médiation, la résolution de conflit, le débat démocratique et l’action citoyenne.

Elle requiert de vivre des expériences personnelles de rencontre interculturelle qui sont significatives et positives au niveau affectif, social et cognitif, d’avoir l’occasion de connaître et de côtoyer des personnes de différents groupes ethnoculturels, linguistiques et religieux, de dialoguer, d’échanger, de collaborer avec eux et, dans certains cas, de tisser des liens d’amitié.