En 1998, la Politique d’intégration scolaire et d’éducation interculturelle du ministère de l’Éducation invitait « à aborder l’intégration et l’éducation interculturelle dans une perspective plus large, soit celle du ‘’vouloir vivre ensemble’’, qui nous amène à partager des valeurs communes et à développer notre sentiment d’appartenance au Québec » (p.iii).

Destinée à l’ensemble des élèves et des intervenants scolaires, l’éducation interculturelle correspond à un éventail de moyens pour faire prendre conscience de la diversité « qui caractérise le tissu social et à développer une compétence à communiquer avec des personnes aux référents divers, de même que des attitudes d’ouverture, de tolérance et de solidarité. » (p.2) Elle implique de prendre en compte la diversité ethnoculturelle, linguistique et religieuse présente dans l’espace scolaire et la société québécoise, que celle-ci soit liée à l’immigration récente, aux vagues migratoires plus anciennes, aux communautés francophones et anglophones issues de la colonisation, ou aux Autochtones.

Bien que l’éducation interculturelle ne constitue pas en soi une discipline, elle s’inscrit dans la triple mission de l’école québécoise, tout particulièrement dans la responsabilité de « socialiser dans un monde pluraliste ». L’école est un acteur privilégié pour familiariser les élèves avec la diversité ethnoculturelle, linguistique et religieuse, encourager leur ouverture face à cette diversité et mieux les préparer à agir et à interagir avec les autres dans un monde en changement. L’ouverture à la diversité et l’instauration de relations interculturelles harmonieuses à l’école sont en effet des facteurs importants à considérer pour garantir un climat scolaire propice à la réussite de tous les élèves.

En adoptant des stratégies qui favorisent une identité positive intégrant les cultures de la famille, de l’école et de la société québécoise, l’éducation interculturelle soutient le déploiement du plein potentiel des élèves et des intervenants, et plus particulièrement ceux qui sont issus de l’immigration ou de minorités ethnoculturelles, linguistiques ou religieuses. En ce sens, elle contribue à lutter contre la marginalisation de groupes encore stigmatisés par des préjugés collectifs, à promouvoir la réussite et l’égalité des chances, ainsi que la pleine participation de tous à la construction d’un Québec pluraliste et inclusif.

Trois grandes catégories de moyens peuvent être utilisés de façon distincte ou combinée pour le déploiement de l’éducation interculturelle en milieu scolaire (voir la section Soutien à l’éducation interculturelle (15053) pour plus de détails) :

Les activités de sensibilisation favorisent la prise de conscience et l’acquisition de connaissances au sujet de la diversité et des enjeux qui y sont associés (par exemple, identités, valeurs, préjugés, stéréotypes, discrimination, langues, religions et neutralité de l’État, égalité entre les femmes et les hommes, diversité sexuelle, etc.). De nombreuses activités de sensibilisation peuvent être réalisées dans le cadre des enseignements disciplinaires prévus dans le Programme de formation de l’école québécoise, notamment par la prise en compte de la diversité dans toutes les disciplines, ainsi qu’à travers les choix pédagogiques.
Les projets de rapprochement contribuent quant à eux à initier le dialogue et la collaboration entre des élèves et des intervenants scolaires d’origines ethnoculturelles différentes afin de leur donner l’occasion de se distancer de leur propre système de référence (valeurs, croyances, symboles, normes de comportement). Ces projets offrent des opportunités de pratiquer l’empathie, par laquelle chacun est appelé à suspendre son jugement et à prendre en considération les expériences et réalités propres à chaque personne, pour essayer de voir la situation du point de vue de l’autre personne, accepter qu’il s’agit de sa vérité propre et lui communiquer cette compréhension. Ce faisant, il est possible de savoir pourquoi quelqu’un adopte certains comportements, ce qui ne signifie pas nécessairement qu’on soit d’accord avec lui.
Les actions concrètes pour la prise en compte de la diversité consistent enfin à innover ou à apporter des changements dans l’école ou la communauté pour promouvoir le vivre-ensemble et pour contrer les préjugés et la discrimination. Les intervenants scolaires et les élèves peuvent ainsi identifier des actions concrètes à mettre en œuvre pour contribuer de façon structurante et durable à une plus grande ouverture à la diversité ethnoculturelle, linguistique et religieuse et à sa prise en compte à l’école et dans la communauté. De telles actions visent le développement de la capacité d’agir des élèves et du personnel scolaire en mobilisant leur engagement dans des initiatives qui favorisent le vivre-ensemble, l’inclusion et la participation de tous à l’école et dans la société québécoise.

LECTURES SUGGÉRÉES

Conseil supérieur de l’éducation, L’éducation interculturelle (1983) et Les défis éducatifs de la pluralité (1987)

Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Politique d’intégration scolaire et d’éducation interculturelle (1998)

Potvin, M., Larochelle-Audet, J., Campbell, M.-E., Kingué-Élonguélé, G. et M.-H. Chastenay, 2015, Revue de littérature sur les compétences en matière de diversité ethnoculturelle, religieuse et linguistique dans la formation du personnel scolaire, selon différents courants théoriques, Observatoire sur la formation à la diversité et l’équité (OFDE), UQAM.

UNESCO, Principes directeurs sur l’éducation interculturelle (2006)

UNESCO, Compétences interculturelles. Cadre conceptuel et opérationnel (2013)